mardi, septembre 05, 2006

Pandora’s Box

Depuis quelques temps, j’ai l’impression d’avoir ouvert la boîte de Pandore…. Au début, on s’aperçoit des certaines choses, on fait des constats, etc., mais au fur et à mesure que les jours passent, tout empire ! Par contre, je me rassure car selon la légende à la fin, Pandore avait trouvé l’espoir au fond de la boîte.

Je me doute que vous trouver mes propos un peu sombre, mais cette semaine, j’ai l’impression d’avoir un nuage gris au dessus de la tête qui me suit partout…

Hier, c’était la journée que j’attendais avec impatience. Enfin, je verrais un résultat concret de tous mes efforts et de mon travail. Malheureusement dans la vie, tout ne va pas comme on le souhaite ou le désire. Donc, ce fut pour moi, une journée remplie de déceptions et de consternations. Je sais que souvent tout est une question de timing, et ma conclusion c’est que les gens n’étaient pas encore prêts.

Pour vous faire un petit résumé, dimanche soir la présidente et future vice-présidente et moi, avions tout préparé pour la rencontre, les enlignements, ce qu’on voulait, etc. Donc, la réunion débute, mais il n’y a pas assez d’associations pour que ce soit considéré comme une AGA, c’est donc tout simplement une réunion comme les autres. Je suis déçue mais pas surprise, car même si ça faisait 2 mois que je demandais cette réunion, que j’avais préparé des lettres, j’ai laissé la présidente faire les convocations, car je ne peux pas et je ne veux pas tout faire à leur place. Bon, la réunion commence, on survole des points, tout à coup, vlan, un des bénévoles membres du bureau exécutif sort on truc vraiment hors contexte et pas gentil, depuis le temps qu’on travaille sur ça, il a eu des millions d’occasions de nous donner son point de vue mais il a décidé de faire ça durant la réunion. Avec son commentaire on a eu un débat d’environ une heure. Vous pouvez imaginer ma joie ! Après le dîner, une personne s’est jointe à nous et le débat à repris, à mon plus grand découragement. Ensuite ce fut le temps de parler du bureau exécutif, de la cellule de coordination, et la possibilité des élections. Comme il n’y avait pas quorum, il n’y a pas eu d’élections. Mais ce n’était pas assez comme émotions pour moi, la présidente et un autre, me change tout ce que j’ai fait ! En plus, j’ai appris en pleine réunion, que les gens avec qui j’ai travaillé et les infos qu’on m’a données depuis le début que je suis ici, et ben ce n’est pas les bonnes. Que les gens que je croyais du bureau exécutif (qu’on m’avait présenté comme étant le BUREAU) et bien c’était la genre de cellule locale de la ville !!!!!!!!!!!!!!! Je vous le jure je capotais, j’ai même dit que j’avais l’impression d’avoir travaillé dans la vide les 4 derniers mois. Je ne peux pas croire, qu’avec la présidente, on a cherché des gens pour les postes que j’ai créés, qu’on les a rencontrés, etc., et tout ça en sachant que ça ne servirait à rien.

Je suis partie déçue, triste, démoralisée et tout autre adjectif de ce genre que vous connaissez. Je suis rentrée à la maison décompresser un peu car je suis du type impulsif parfois et je préférais prendre du recul. J’ai donc fait un peu de shopping de dernière minute pour me changer les idées : vraiment ça remonte le moral !

Ensuite, j’ai hésité longuement à écrire tout ça sur mon blog, mais je pense que je devais le faire, lorsqu’on travaille dans le domaine humanitaire parfois ça fonctionne et d’autres fois non. Mais attention, je ne veux pas dire que je suis venue ici pour rien et que je regrette, car ce n’est pas le cas. J’ai essayé d’analyser ce qui était arrivé et d’en tirer des leçons.

J’ai donc pensé à ce que mon ami Marc, de la Croix-Rouge, me disait parfois lorsqu’on travaillait ensemble. « Dans la vie quand tu fais quelque chose, il faut que tu le fasses pour toi et non pas pour les autres, car tu pourrais être déçue par la réaction de ceux-ci. » C’est bien évident, qu’en venant ici, je suis venue aider les autres. J’ai ensuite pensé à ce que j’étais venue chercher ici, à titre personnel, avec ce stage et cette expérience. J’ai fait une petite liste, et quand j’ai vu que j’étais satisfaite finalement, j’ai arrêté.

• Expérience concrète sur le terrain
• Expérience dans un pays en voie de développement
• Savoir si j’étais faite pour travailler dans ce domaine ou pas
• Étais-je capable de vivre dans des conditions précaires
• Étais-je capable de travailler avec dans des contextes différents

Ensuite, j’ai pensé à toi Christian (CH), qui me répète souvent, qu’on (pour ne pas dire que) ne peu pas toujours tout contrôler. Je l’ai toujours su et accepté, même si ce n’est pas facile.

Pour ceux qui me connaissent bien, vous devez savoir que l’échec et moi, on ne fait pas bon ménage. J’ai repensé à tout ce que j’avais fait depuis mon arrivé, au travail produit, on changement réalisé au sein du réseau, etc. J’en viens à la conclusion que ce n’est pas un échec mais que le résultat final est différent de celui escompté au départ.

J’ai vraiment l’impression de vivre le cycle de gestion de projet au maximum. Je me souviens du cours de Louis, de son ironie, de son cynisme et de ses exemples. Je comprends vraiment mieux tout ça maintenant (pas que je comprenais pas avant, mais la pratique versus la théorie, c’est différent). Je sais pertinemment que si je restais encore quelques mois, les choses évolueraient. Lorsqu’on travaillait sur nos MAPPs, il fallait prendre beaucoup de choses en considération, être sensible aux faits que ce n’est pas tout le monde qui fonctionnent de la même façon, que les réalités sont différentes, qu’il y a plusieurs facteurs, etc. Je vis donc pleinement mon expérience, je vois les hauts et les bas, des difficultés, les pistes de solutions, j’en tire des leçons.

Je crois que je n’aurais pas pu vivre expérience plus enrichissante que celle-ci, même si le résultat final n’est pas celui que j’aurais aimé. L’important c’est d’avoir fait une différence, d’avoir participé à l’évolution des choses et des personnes. J’ai fait beaucoup de choses, de documents, d’outils, etc. Maintenant c’est à eux de les utiliser et de faire avancer les choses. J’ai été un petit souffle de renouveau, si les gens veulent changer ou évoluer, ils doivent prendre les moyens nécessaires afin d’y arriver. J’espère de tout cœur qu’ils le feront !

dimanche, septembre 03, 2006

Dernière semaine

Hier, je suis allée à Léo, rencontrer des associations de deux provinces. En fait, je devais y aller vendredi mais nous avons eu un problème de véhicule. Comme c’était samedi, il n’y avait pas grand monde mais ceux que j’ai rencontrés étaient content des outils de travail que j’avais fait. Ils m’ont offert des pagnes traditionnels du secteur. Ils étaient déçus que j’aie fait juste une visite expresse, ils auraient aimés que je passe tout le weekend avec eux.

Sur le chemin du retour, je dois avouer que j’ai eu la peur de ma vie. Notre chauffeur, bien qu’il soit très gentil (et qu’il soit mon frère dans mon immense famille Burkinabé), est habitué à la brousse et aux routes de terre. Donc, sur l’autoroute, il prenait les 2 voies, au début ça ne me stressait pas trop mais quand la nuit est tombée, ce fut tout autrement. Ensuite, nous sommes arrivés à Ouaga, et là, ce fut traumatisant. Il n’avait jamais conduit en ville. Il a brûlé un premier feux rouge, je lui dit, ici c’est pas comme à Koudougou faut faire attention. Ensuite, il a en brûler 3 autres en ligne. Nous avons failli frapper 2 cyclistes et rentrer dans une voiture qui avait décidée qu’elle traversait la voie. Mais le comble, c’est au poste de péage de Ouaga pour aller vers Koudougou, il y a une borne de ralentissement, je lui dis de faire attention mais il continue de rouler en malade. Je pense qu’on a du passer dessus à 80 km/h. Nos têtes ont touchées le plafond de l’auto, tous les sacs ont volés à droite et à gauche. Les derniers 100 km, n’ont pas été de tout repos, car il faisait très noir, je vous jure que j’ai vraiment mais vraiment eu peur. Il conduisait encore dans la voie de gauche au lieu de droite, nous avons failli prendre le champs au moins 3 fois. Je lui ai demandé plusieurs fois de me laisser conduire mais ça n’a pas marché…orgueil masculin ? En tout cas, je suis arrivée saine et sauve à la maison, mais avec un bon traumatisme de voyage.

Ce soir j’ai finalisé avec la présidente et la future vice-présidente, l’ordre du jour pour l’AGA de demain. Nous sommes prêtes, il reste quelques trucs à finaliser, tel que des impressions de documents, etc. Nous avons, aussi, retouché un peu la cellule de coordination que j’ai créé afin qu’elle réponde à 100% au besoin des associations et des provinces. J’essaye de rien oublier, bien que ça fait des semaines que je demande cette réunion, pour des raisons financières, il a fallu attendre. Après cette réunion, je vais profiter de l’occasion pour donner une petite session d’information sur les outils de travail que j’ai créés. Mardi et mercredi il y aura encore de la formation à l’agenda.

La présidente m’a dit que les membres du bureau exécutif voulaient tous venir à l’aéroport afin de rester afin de passer mes dernières heures ensemble. Je trouve ça très gentil, mais je sais déjà que ça ne sera pas des adieux faciles.

De mon côté, j’ai commencé à faire mes bagages et bien sûr je manque de place… Je croise les doigts pour que la personne au guichet d’Air France soit sympa ! Il me reste encore quelque souvenir à acheter. François, je n’ai malheureusement pas trouvé de belle chemise pour toi.

Je vais organiser mercredi midi un dîner avec les bénévoles de mon réseau et en soirée je vais inviter des amis. Jeudi je pars pour Ouaga finaliser mes trucs avec l’EUMC et vendredi, c’est le temps des derniers achats. Pour ceux qui se demandaient quand est-ce que je revenais : samedi le 9 septembre en soirée….

Je vous laisse avec quelques photos prises sur la route de Léo.

On se voit bientôt,

Valérie
xxx