Pandora’s Box
Depuis quelques temps, j’ai l’impression d’avoir ouvert la boîte de Pandore…. Au début, on s’aperçoit des certaines choses, on fait des constats, etc., mais au fur et à mesure que les jours passent, tout empire ! Par contre, je me rassure car selon la légende à la fin, Pandore avait trouvé l’espoir au fond de la boîte.
Je me doute que vous trouver mes propos un peu sombre, mais cette semaine, j’ai l’impression d’avoir un nuage gris au dessus de la tête qui me suit partout…
Hier, c’était la journée que j’attendais avec impatience. Enfin, je verrais un résultat concret de tous mes efforts et de mon travail. Malheureusement dans la vie, tout ne va pas comme on le souhaite ou le désire. Donc, ce fut pour moi, une journée remplie de déceptions et de consternations. Je sais que souvent tout est une question de timing, et ma conclusion c’est que les gens n’étaient pas encore prêts.
Pour vous faire un petit résumé, dimanche soir la présidente et future vice-présidente et moi, avions tout préparé pour la rencontre, les enlignements, ce qu’on voulait, etc. Donc, la réunion débute, mais il n’y a pas assez d’associations pour que ce soit considéré comme une AGA, c’est donc tout simplement une réunion comme les autres. Je suis déçue mais pas surprise, car même si ça faisait 2 mois que je demandais cette réunion, que j’avais préparé des lettres, j’ai laissé la présidente faire les convocations, car je ne peux pas et je ne veux pas tout faire à leur place. Bon, la réunion commence, on survole des points, tout à coup, vlan, un des bénévoles membres du bureau exécutif sort on truc vraiment hors contexte et pas gentil, depuis le temps qu’on travaille sur ça, il a eu des millions d’occasions de nous donner son point de vue mais il a décidé de faire ça durant la réunion. Avec son commentaire on a eu un débat d’environ une heure. Vous pouvez imaginer ma joie ! Après le dîner, une personne s’est jointe à nous et le débat à repris, à mon plus grand découragement. Ensuite ce fut le temps de parler du bureau exécutif, de la cellule de coordination, et la possibilité des élections. Comme il n’y avait pas quorum, il n’y a pas eu d’élections. Mais ce n’était pas assez comme émotions pour moi, la présidente et un autre, me change tout ce que j’ai fait ! En plus, j’ai appris en pleine réunion, que les gens avec qui j’ai travaillé et les infos qu’on m’a données depuis le début que je suis ici, et ben ce n’est pas les bonnes. Que les gens que je croyais du bureau exécutif (qu’on m’avait présenté comme étant le BUREAU) et bien c’était la genre de cellule locale de la ville !!!!!!!!!!!!!!! Je vous le jure je capotais, j’ai même dit que j’avais l’impression d’avoir travaillé dans la vide les 4 derniers mois. Je ne peux pas croire, qu’avec la présidente, on a cherché des gens pour les postes que j’ai créés, qu’on les a rencontrés, etc., et tout ça en sachant que ça ne servirait à rien.
Je suis partie déçue, triste, démoralisée et tout autre adjectif de ce genre que vous connaissez. Je suis rentrée à la maison décompresser un peu car je suis du type impulsif parfois et je préférais prendre du recul. J’ai donc fait un peu de shopping de dernière minute pour me changer les idées : vraiment ça remonte le moral !
Ensuite, j’ai hésité longuement à écrire tout ça sur mon blog, mais je pense que je devais le faire, lorsqu’on travaille dans le domaine humanitaire parfois ça fonctionne et d’autres fois non. Mais attention, je ne veux pas dire que je suis venue ici pour rien et que je regrette, car ce n’est pas le cas. J’ai essayé d’analyser ce qui était arrivé et d’en tirer des leçons.
J’ai donc pensé à ce que mon ami Marc, de la Croix-Rouge, me disait parfois lorsqu’on travaillait ensemble. « Dans la vie quand tu fais quelque chose, il faut que tu le fasses pour toi et non pas pour les autres, car tu pourrais être déçue par la réaction de ceux-ci. » C’est bien évident, qu’en venant ici, je suis venue aider les autres. J’ai ensuite pensé à ce que j’étais venue chercher ici, à titre personnel, avec ce stage et cette expérience. J’ai fait une petite liste, et quand j’ai vu que j’étais satisfaite finalement, j’ai arrêté.
• Expérience concrète sur le terrain
• Expérience dans un pays en voie de développement
• Savoir si j’étais faite pour travailler dans ce domaine ou pas
• Étais-je capable de vivre dans des conditions précaires
• Étais-je capable de travailler avec dans des contextes différents
Ensuite, j’ai pensé à toi Christian (CH), qui me répète souvent, qu’on (pour ne pas dire que) ne peu pas toujours tout contrôler. Je l’ai toujours su et accepté, même si ce n’est pas facile.
Pour ceux qui me connaissent bien, vous devez savoir que l’échec et moi, on ne fait pas bon ménage. J’ai repensé à tout ce que j’avais fait depuis mon arrivé, au travail produit, on changement réalisé au sein du réseau, etc. J’en viens à la conclusion que ce n’est pas un échec mais que le résultat final est différent de celui escompté au départ.
J’ai vraiment l’impression de vivre le cycle de gestion de projet au maximum. Je me souviens du cours de Louis, de son ironie, de son cynisme et de ses exemples. Je comprends vraiment mieux tout ça maintenant (pas que je comprenais pas avant, mais la pratique versus la théorie, c’est différent). Je sais pertinemment que si je restais encore quelques mois, les choses évolueraient. Lorsqu’on travaillait sur nos MAPPs, il fallait prendre beaucoup de choses en considération, être sensible aux faits que ce n’est pas tout le monde qui fonctionnent de la même façon, que les réalités sont différentes, qu’il y a plusieurs facteurs, etc. Je vis donc pleinement mon expérience, je vois les hauts et les bas, des difficultés, les pistes de solutions, j’en tire des leçons.
Je crois que je n’aurais pas pu vivre expérience plus enrichissante que celle-ci, même si le résultat final n’est pas celui que j’aurais aimé. L’important c’est d’avoir fait une différence, d’avoir participé à l’évolution des choses et des personnes. J’ai fait beaucoup de choses, de documents, d’outils, etc. Maintenant c’est à eux de les utiliser et de faire avancer les choses. J’ai été un petit souffle de renouveau, si les gens veulent changer ou évoluer, ils doivent prendre les moyens nécessaires afin d’y arriver. J’espère de tout cœur qu’ils le feront !




